Un autre rôle pour la BCE

Chap 2- Autres critères de refinancement des banques par la BCE et le système européen de Banques centrales.
jeudi 10 juin 2010
par  PCF Drôme

- La Banque européenne d’investissements (institution publique des États de l’Union) est sollicitée pour soutenir les PME européennes par des crédits bonifiés.

Mais ses moyens d’action sont limités à des emprunts sur le marché financier. C’est la Banque centrale européenne qui doit contribuer à une tout autre relance par une politique monétaire sélective et non par un simple abaissement de ses taux d’intérêt.

- Si les banques développent des crédits favorables à l’emploi et au développement des territoires (par exemple des crédits bonifiés par des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, ou des crédits soutenus par un pôle financier public national ou par la Banque européenne d’investissements), la BCE doit les soutenir.
Elle doit refinancer les crédits pour les investissements réels, matériels et de recherche, avec des taux d’intérêt très abaissés, voire nuls ou négatifs (un taux négatif signifie qu’une partie des crédits ne serait pas remboursée), d’autant plus abaissés que sont programmés et vérifiés de bons emplois stables et de bonnes formations

- En revanche, la BCE doit refuser de refinancer les crédits qui vont aux fonds de placement, aux fonds spéculatifs, aux placements financiers des multinationales et aux exportations de capitaux. Ou bien ce refinancement doit utiliser des taux dissuasifs.
Un usage sélectif des réserves obligatoires imposées aux banques peut les dissuader des placements financiers et inciter à l’emploi et la croissance réelle.

Une redéfinition des réglementations des institutions financières (ratio prudentiel dit de « Bâle 2 » pour les banques, directive « Solvabilité 2 » des compagnies d’assurances) peut les inciter à privilégier, non pas les placements les plus rentables et risqués, mais ceux qui sont les plus efficaces socialement.

Chaque banque centrale nationale du système européen des banques centrales a la possibilité, comme la Banque de France avec ses succursales départementales, de connaître les conditions de financement des entreprises. Pour une politique de sortie de crise, visant à sécuriser l’emploi et la formation pour une croissance durable, en faisant avancer des critères de gestion d’efficacité sociale et en faisant reculer la rentabilité capitaliste, l’action de la BCE et des banques centrales devrait opérer en concertation avec l’ensemble des acteurs parties prenantes : banques, chefs d’entreprises, administrations économiques comme l’INSEE et le ministère des Finances, mais aussi les élus locaux, les syndicats et les représentants des salariés dans les comités d’entreprises et dans les services publics.

Les luttes pour d’autres politiques bancaires à l’appui des propositions des salariés iront dans le sens d’une modification des traités pour réviser le statut et les objectifs de la BCE, et pour instaurer, afin de la contrôler, de nouveaux pouvoirs des élus (Parlement européen et nationaux) et des représentants du monde du travail, (depuis les comités d’entreprise jusqu’au Comité économique et social européen.


La semaine prochaine : Autre création monétaire du plan européen au plan mondial pour une autre civilisation