Le couperet est tombé mais la révolte continue !

vendredi 12 novembre 2010
par  Jean Luc FARGIER

Sans surprise, Sarkozy a promulgué la loi sur la réforme des retraites, avec ses mesures phares : le report à 62 ans l’âge d’ouverture du droit au départ en retraite et à 67 ans l’âge de départ sans décote. Ce qui était La Réforme de son quinquennat, pour laquelle il n’a pas été élu, devient une cruelle et brutale réalité.

Cela fait très mal. Mal à notre système de protection sociale, mal à notre démocratie, mal à notre société toute entière.

Dans ces quelques lignes, il n’est pas nécessaire de revenir sur nos (bons) arguments plaidants pour une toute autre réforme ; ils sont crédibles mais ont été totalement méprisé.

De même, dans l’instant présent, il n’est pas utile de se repasser en « boucle » tout ce que nous avons dénoncé comme étant profondément injuste, indigne et dangereux. On pourrait encore se dire, mais en vain, que cette réforme ne résoudra rien sur la question du financement, bien au contraire.

Sarkozy, plus que tout autre, sait parfaitement tout cela ; ses actes sont délibérés ; il n’y a pas chez lui de places aux doutes et à l’improvisation. Ce président est au service d’une politique de déconstruction sociale devant faire le lit d’une société de l’Argent pour l’Argent, de l’individualisme, de la mise en concurrence permanente et acharnée des êtres humains.

Pessimisme ? Fatalisme ? Défaitisme ? Non, il s’agit seulement de prendre acte de la réalité politique du moment, qu’elle nous plaise ou non (et c’est plutôt non) ! Regarder la vérité en face est un exercice nécessaire pour rebondir. Reconnaitre que l’on souffre n’est pas un signe de faiblesse, c’est appeler son courage à la rescousse !

La réforme prend effet au 1er juillet 2011 ; et donc bien des choses sont encore à faire pour la rendre caduque. C’est en tout cas, ce que nous renvoient, avec des bémols, les organisations syndicales qui appellent à la 11ème manifestation de l’année le 23 novembre prochain !

Non seulement la lutte ne s’arrête pas, mais elle a toutes les chances de s’élargir à tant d’autres mécontents et de s’approfondir sur des revendications plus diversifiées comme les salaires, l’emploi, les conditions de travail…

Restons bien concentrés sur le contenu politique de ces batailles ; ne nous laissons pas entrainer dans des palabres et des querelles de chiffres autour des fluctuations du nombre de manifestants. Ce genre de leurre et de diversion ne prend plus, ou bien moins.

Bien qu’il soit encore difficile d’en mesurer l’ampleur, une prise de conscience est certaine chez les salariés, avec ou sans emploi, les retraités et parmi des personnes de bien d’autres catégories socioprofessionnelles. Ce patient travail de construction du rassemblement dans la lutte et dans l’unité enracine des réflexions politiques profondes. La semence est bonne, la récolte le sera également !

Dans ce contexte, les partis politiques de gauche, vont devoir se positionner très clairement. Jusqu’alors, ils sont restés aux côtés des manifestants ; ils étaient parfaitement à leur place.

Mais à présent, ils doivent prendre leurs responsabilités et afficher leurs intentions dans le cadre des échéances électorales à venir : dans 4 mois, à l’occasion des cantonales ; dans 18 mois avec les législatives et présidentielle. Et cela ne peut se limiter à la question des retraites. Tous, ou presque, l’ont bien compris : il s’agit d’élaborer un nouveau projet pour notre société.

Tous ces combats justes et indispensables que nous menons, chacun à son niveau et à sa place, soit pour les retraites, soit pour de meilleurs remboursements de soins, soit pour l’hôpital, soit pour le logement, soit pour la protection des salariés, des retraités, des personnes dépendantes, toutes ces luttes sont conduites indépendamment les unes des autres car il est bien difficile de faire autrement.

Or, nous sommes de plus en plus nombreux à bien comprendre le lien entre ces luttes ; il s’agit d’un besoin de protection sociale dans tous les domaines de la vie, de la naissance à la mort. Non pas que nous soyons aujourd’hui particulièrement frileux, peureux et fragiles, c’est simplement que nous pouvons aujourd’hui vivre raisonnablement dans une société en sécurité sociale, le mieux possible à l’abri des aléas et des accidents de la vie, sur des bases justes et solidaires.

La question est simple : Quelle civilisation voulons-nous pour nos enfants et nous même ?

Le mouvement autour des retraites a relancéla réflexion collective sur la protection sociale ; la section PCF de Valence se saisit de cette question éminemment politique et la met en débat public au travers de réunions de quartier, comme par exemple le 25 novembre à 18 h 30, salle Mandela, quartier Fontbarlette.

Nous espérons en conduire plusieurs sur ce thème, en particulier dans les cantons renouvelables. Ces rencontres sont ouvertes et je profite de cette tribune qui m’est offerte pour vous inviter à venir nombreux enrichir les discussions.

Jean Luc FARGIER
Secrétaire de la section du PCF du Grand Valence