Les Agences Régionales de Santé favorisent-elles les maisons de retraite privées ?

vendredi 22 juillet 2011
par  Yvonne ALLEGRET

Dans l’édition du Dauphiné Libéré, du 29 juin, Jean-Pierre BUIX, Maire (PC) de Buis les Baronnies et Pierre COMBES, Maire (PS) de Nyons s’indignent de l’attente interminable du financement des travaux des deux hôpitaux et ce malgré les multiples démarches administratives, de nombreuses initiatives publiques voire médiatiques comme l’appel au mécénat….

Les restructurations des deux établissements qui accueillent des personnes âgées en perte d’autonomie sont d’une urgence absolue ne répondant plus aux normes depuis plusieurs années. Les projets sont estimés à 19 millions d’euros pour Nyons, à 18 millions pour Le Buis.

Pourquoi l’agence régionale de santé (ARS) ne valide-t-elle pas ces travaux [1] ?

Est-ce une question d’argent ? Ce sera peut être un argument au moment où la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI exigent que tous les pays réduisent les protections sociales, privatisent les services publics … Mais si c’est le cas, cette situation ne valide-t-elle pas l’analyse des communistes à savoir : la domination des capitaux financiers et leurs exigences de revenus exercent une pression terrible sur les salaires et la qualité des investissements ? Un exemple : les bénéfices nets des sociétés du CAC 40 (83 milliards d’euros en 2010) ont été distribués à 40% aux actionnaires sous formes de dividendes

Ou est-ce la volonté de privilégier la construction d’établissements privés à but lucratif ? L’allongement de la vie, la progression démographique (baby boom) conduira dans les années à venir à une demande accrue de places en maison de retraite. Une étude faite à la demande de la CGT Rhone Alpes évalue à une progression de places de plus de 50 % d’ici les années 2030. Qui va répondre à ce besoin ?

Dans le numéro de juin de « Alternatives Economiques » titré « Le marché des maisons de retraite » la journaliste Claire ALET écrit « Confrontés aux coût de rénovation d’un parc vieillissant, le secteur public et associatif peinent à investir dans la création de nouvelles places dans des unités de plus petite taille. De leur côté, les acteurs du secteur privé commercial ouvrent de nouveaux lits : entre 2005 et 2008, 70% des nouvelles places créées ont été de leur fait.. Avec la bénédiction des pouvoirs publics via les Agences régionales de santé, dont l’autorisation est requise pour toute ouverture ou extension. Les groupes privés les plus importants poursuivent même une politique volontariste de rachat de maisons de taille modeste ou d’établissements publics en cours de fermeture. »

Dans l’article du DL , Jean Pierre BUIX et Pierre COMBES envisagent, si les réponses ne coïncident pas aux besoins, de mettre en place à la rentée « un dispositif impliquant les habitants »… « Toute notre bonne volonté et nos actions en tant que maires ne suffisent plus. Il nous faut l’appui et le soutien de la population mais également de tous les élus du territoire avec pourquoi pas une future mobilisation collective. »

Est-ce qu’on en reparle à la rentrée ?

Yvonne ALLEGRET


[1le principe du financement de Nyons serait acquis