Quelle réponse face à l’injustice faite à Salah Hamouri ?

samedi 30 juillet 2011
par  PCF Drôme

Communiqué de Patrick Le Hyaric, vice-président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique au Parlement européen et directeur de l’Humanité, suite à la réponse de C. Ashton, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, à la question écrite qu’il lui a posée sur la situation du jeune franco-palestinien Salah Hamouri .

"La réponse de Mme Ashton n’est certes pas au niveau de l’urgence qu’impose l’injustice faite à Salah. Mais elle apporte une nouveauté dans la position de l’Union Européenne sur la manière dont l’Etat d’Israël méprise le droit international et les droits humains.

Mme Ashton revient sur les trois années qui ont suivi l’arrestation de Salah à Qalqiya en Cisjordanie. Durant ces trois années, Salah a été maintenu en prison sans qu’aucun jugement n’ait été prononcé, sans qu’aucune justification sérieuse n’en ait été donnée. Cela s’appelle la rétention administrative. En Israël, des personnes peuvent être retenues pour des périodes de six mois renouvelables sur simple décision administrative. Durant cette période, les prisonniers palestiniens sont incarcérés sur le territoire israélien, en violation des Conventions deGenève qui interdisent le déplacement des civils.

Plusieurs rapports d’ONG israéliennes ont démontré que durant ces périodes les prisonniers palestiniens sont maltraités, mal nourris, et privés de la satisfaction de besoins essentiels, parfois empêchés de dormir sur des longues périodes. Même des enfants subissent cette injustice !

Mme Ashton, dans sa réponse nous apprend que ce sujet est régulièrement abordé dans le dialogue Europe-Israël. Je suis ravi de l’apprendre. Mais je voudrais maintenant savoir quelles mesures sont prises pour faire aboutir cette exigence ? L’Union a des rapports commerciaux importants avec Israël. Les exportations de ce dernier vers l’Europe bénéficient de nombreuses exonérations fiscales. Les conditions qui leurs sont fixées sont presque comparables aux Etats intra-communautaires. Ne devrait-on pas sanctionner l’Etat d’Israël en suspendant ces accords ? L’immunité dont bénéficie cet Etat résonne comme un encouragement.

Il faut donc aller plus loin, et sanctionner désormais l’Etat d’Israël pour son mépris des règles internationales et des droits humains. Il faut aussi continuer à exiger la libération de Salah, condamné en 2008, par un tribunal militaire, pour de simples « intentions » qu’on lui a prêtées et qu’il a toujours niées. En France, il est devenu le symbole de l’injustice faite à un peuple tout entier."

Patrick Le Hyaric - Saint-Denis, le 15 juillet 2011