Le Grand Mensonge sur les résponsabilités de la crise
par

Après l’addition sociale présentée aux peuples par les gouvernements, voici que se profile une « addition démocratique ».
L’Allemagne vient de suggérer un « conseil de stabilité » qui passerait au-dessus des gouvernements. Non seulement il faut refuser cette nouvelle capitulation que serait cette proposition allemande, mais il faut arrêter cet engrenage de soumission aux marchés financiers, qui manipulent l’information pour mettre en coupe réglée peuples et gouvernements.
Il y a un grand mensonge dans la crise actuelle sur les responsabilités de cette crise. Les marchés ne sont pas une main invisible, derrière eux il n’y a que des groupes, des milliardaires, des gouvernements aussi, qui cherchent à obtenir le paiement de la crise par les peuples par tous les moyens, et au fur et à mesure que leurs solutions échouent, ils en rajoutent sur l’addition sociale, et maintenant sur l’addition démocratique. On demande aux gouvernements et aux peuples de rendre les armes.
« Apaiser les marchés »,
comme le réclament les analystes financiers, est une aberration. Il faut inverser la machine
qui veut que les groupes
de spéculateurs qui agissent
au plan mondial tentent
de soumettre les peuples à leur botte.
C’est aux gouvernements
de soumettre les marchés
au contrôle politique
et démocratique, et de redonner
du pouvoir aux parlements et aux citoyens.
Il y aurait besoin dans chaque pays et au plan mondial
de commissions d’enquête
sur les conditions dans lesquelles les marchés sont manipulés
pour imposer un chantage financier qui débouche systématiquement sur des plans d’austérité de plus en plus drastiques.
On voit bien qu’après le monde arabe,
c’est Israël qui se révolte contre
la vie chère, l’Europe, les États-Unis : c’est une affaire mondiale.
Or, à chaque nouvel épisode, on feint d’oublier le précédent : comme si chaque nouvel épisode de la crise était une météorite tombée d’on ne sait où. La crise grecque et la crise américaine ont la même origine. En ne s’attaquant pas à la spéculation financière et à ceux qui organisent le chantage contre les dépenses publiques et sociales, à chaque fois on aggrave le mécanisme qui y conduit. Sommet après sommet, on nous annonce des solutions qui en vérité amplifient la crise, face à des spéculateurs insatiables en raison de leurs pertes financières.
Certains répètent que, dans une économie mondialisée, reprendre la main n’est pas réalisable. Mais ce sont les gouvernements qui décident de laisser la main aux spéculateurs. Les décisions du G20 sont des décisions d’abandon du contrôle de la situation.
Nous pouvons prendre des décisions qui seront des décisions de combat des marchés financiers. Taxer les flux financiers, reprendre le contrôle des banques, reconquérir du pouvoir politique pour organiser une politique de relance économique et sociale qui ira contre les intérêts de rentabilité imposés par les marchés. Ces décisions peuvent être prises à tous les échelons, national, européen, et maintenant mondial. Cela se fait en s’appuyant non pas sur les décideurs du G20 mais sur les forces sociales qui n’en peuvent plus, sur les forces syndicales, sur tous les citoyens qui sont mobilisés comme on le voit, pays après pays.
La France peut prendre la tête d’un mouvement mondial contre l’austérité. Pour qu’elle joue ce rôle, il y a un impératif, qui est de chasser Sarkozy et ceux qui le soutiennent, pour reconstruire un pouvoir démocratique qui s’attaquera à cela.
Ça doit commencer par une bataille politique pour refuser d’inscrire l’austérité dans la Constitution française. Il y a une bataille à mener dans les semaines à venir, quand on voit au Parti socialiste que certains commencent à avoir les genoux qui flanchent devant l’offensive de la droite.
La gauche doit refuser en bloc la « règle d’or », qu’elle la refuse quand Nicolas Sarkozy la proposera au vote, et qu’elle la refuse si elle accède au gouvernement de ce pays .
Parti Communiste Français - Fédération Drôme
