11 Octobre la riposte syndicale
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Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation dans toute l’Europe. Pologne, euro manifestation le 17 septembre. L’Italie a appelé à une grève générale le 6 septembre, Espagne journée de mobilisation à l’appel des CCOO, Portugal journée le 1er octobre. Des mobilisations sont aussi à l’ordre du jour en Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique, Grande Bretagne… En France, les cinq organisations syndicales CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires ont décidé de faire du 11 octobre une journée nationale d’action interprofessionnelle unitaire.
FO, qui a choisi de poursuivre son cavalier seul, et prévoit une « journée d’information » le 20 septembre, la CFTC et la CGC avaient décliné l’invitation à la réunion préparatoire. « Partout, le débat sur le contexte, les enjeux et les modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc.) de l’action est nécessaire pour construire cette journée » du 11 octobre, dit le texte adopté.
L’essentiel n’en demeure pas moins, aujourd’hui, l’accord des cinq syndicats pour juger « indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir ».
Les députés seront saisis d’une partie des mesures de « rigueur » Fillon, avant de nouveaux paquets de pilules amères lors de l’examen, en octobre, des budgets de la Sécurité sociale et de l’Etat.
Les syndicats ont exprimé d’une même voix les critiques qu’ils avaient déjà formulées séparément : le plan d’austérité est à la fois « injuste et inéquitable », la facture étant « principalement supportée par les salariés et les consommateurs », alors que la taxe sur les hauts revenus est « symbolique » et que les niches fiscales sans « aucune efficacité économique et sociale » sont épargnées.
Dans l’optique, tout à la fois, de « relancer la croissance », « réduire les inégalités », et « maîtriser les déficits », l’intersyndicale se prononce pour des « réformes structurelles », telles une réforme de la fiscalité pour la rendre plus progressive, une « politique industrielle coordonnée au niveau européen », et pour « des services publics de qualité ».
Mais, dans l’immédiat, elle se fixe l’objectif d’obtenir une série de « mesures urgentes ». Au premier rang : l’abandon de la taxation (à hauteur de 1,2 milliards d’euros dans le plan Fillon) des complémentaires santé et la suppression des exonérations et de la défiscalisation des heures supplémentaires. Plus généralement, les syndicats demandent que toute aide publique soit désormais « conditionnée » à son efficacité sociale et économique. La fin des suppressions d’emplois de fonctionnaires, le soutien au pouvoir d’achat, en particulier des plus bas revenus, et la réouverture des négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique, complètent leur cahier de doléances à court terme.
D’ici au 11 octobre, les syndicats vont donc se consacrer à populariser cette plateforme et à engager le débat au sein du monde du travail. Le 15 septembre, ils feront un « point d’étape », pour apprécier la rentrée sociale et l’état d’esprit des salariés, avant de fixer les formes du 11 octobre.
Pour la CGT, il faudra « de toute façon aller à une journée significative, avec grèves, manifestations, rassemblements », « Il ne s’agit pas seulement de ne pas subir, mais de construire d’autres solutions » à la crise, dégager des « recettes nouvelles pour répondre aux besoins de la population et mener une réelle politique d’emploi et de développement économique ». Le 11 octobre ne doit pas être « une journée de témoignage », mais une action pour « changer de cap », a renchéri la FSU, pour qui la décision de mobilisation « répond à l’attente des salariés ».
Solidaires, pour sa part, a souligné l’existence d’un « sentiment d’injustice très grand dans le pays » ; il est de la responsabilité des syndicats de « commencer à construire un processus de mobilisation pour mettre un coup d’arrêt » à l’austérité .
PCF Drôme -
