Dimanche 18 mars 2012. Montélimar, 9h30 nous sommes nombreux à attendre le TGV pour Paris gare de Lyon.

vendredi 23 mars 2012
par  PCF Drôme

La tension des grands jours est palpable, il plane comme une connivence entre ces femmes et ces hommes qui ne se retrouvent pas là par hasard.

Car tous ont fait le choix de répondre à l’appel du front de gauche. Ils ont décidé de prendre la Bastille de façon symbolique pour dire leur ras le bol de la politique de Sarko et pour bien marquer leur volonté de changement.

Parmi nous, Virgile un jeune qui monte à Paris pour la première fois, avec sa mère il à passé une partie de l’après midi la veille pour confectionner un drapeau rouge aux armes du front de gauche. C’est peu dire son excitation et tout l’espoir qui l’anime. Il n’est pas riche Virgile, il est sans travail, mais il a emprunté à sa grand mère la somme nécessaire 106 euros pour payer sa place.

Arrivés gare de Lyon, nous décidons de nous rendre directement à Bastille pour nous faire une idée de ce que sera notre journée. Nous constatons que tout est prêt pour la grande fête qui se prépare et c’est d’un pas léger que nous partons place de la Nation d’où partira la manif l’après midi. Peu à peu les gens arrivent de partout et nous voyons se rassembler une véritable marée humaine qui s’apprête à déferler sur la Bastille dans la joie et la bonne humeur. La pluie menaçante ne les a pas arrêtés. ils sont des milliers à être entrés en résistance avec drapeaux et trompettes .Les banderoles disent leur colère, les pancartes assènent des slogans qui dénoncent l’injustice et la souffrance qui les accable. Et c’est d’un pas ferme que nous prenons le départ pour cette prise de la Bastille qui marque pour nous le début de la reconquête de notre dignité.

L’ambiance est joyeuse et bon enfant, nous sommes heureux de nous voir si nombreux, nous nous interpellons, nous nous esclaffons des bons mots qui se lisent sur les pancartes des plus audacieux. C’est fou, tous les verrous sautent, nous nous sentons proches les uns des autres dans ce moment de communion ; c’est la lutte qui nous rassemble et cela enchante nos cœurs. Pour arriver place de la Bastille nous sommes obligés de piétiner sur place tant il y a de monde mais qu’importe pour nous cela ne change rien à notre euphorie, Virgile me répète pour la énième fois qu’il en pleur de joie et moi je dois l’avouer, tout vieux briscard que je suis j’ai aussi le cœur serré. Nous voici à l’apothéose, après un intermède musicale J. L Mélenchon prend la parole pour nous dire qu’ensemble nous allons changer le monde et c’est bien ce que nous souhaitions entendre.

Il nous dit qu’ensemble nous existons et que notre sort est entre nos mains que nous marchons vers une société plus juste et plus fraternelle. Nous en sommes convaincus, nous n’avons pas perdu notre journée et nous venons de vivre un grand moment de l’histoire de notre vie.   

Alain GOEURY—Pierrelatte   


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