La protection sociale solidaire

vendredi 20 avril 2012

Dans ma fonction de maire et l’exercice de mon métier d’assistant social à la Sécurité sociale, je mesure au quotidien combien la protection sociale occupe une place pleine et entière dans la conscience collective.

Pourtant, interrogez vos amis et connaissances etvous constaterez qu’ils croient que la Sécurité sociale, c’est comme les impôts : il y en a toujours eu et il y en aura toujours, quelque chose d’éternel en somme.

Pourtant la Sécurité sociale a connu des périodes douloureuses, une gestation difficile et une existence mouvementée. Aujourd’hui, derrière le recul de la protection sociale, c’est le tissu social qui se défait et c’est en portant l’Humain d’abord qu’il convient de le tricoter à nouveau.

Dans la commune que j’administre, une rue porte le nom d’Ambroize Croizat et j’ai trouvé juste et nécessaire que les habitants de la commune puissent arpenter cette artère de la ville pour visiter l’histoire et le parcours du ministre communiste de cet homme résolument moderne. Ainsi, en consacrant deux pages à Ambroise Croizat dans le dernier journal municipal, j’ai tenu à ce que le citoyen se réapproprie les principes fondateurs de cette grande capacité ouvrière qui a émergé en France.

En faisant de la santé et de la protection sociale un enjeu politique de premier plan, le Front de Gauche porte de bout en bout le sujet comme une question populaire où le contrôle démocratique s’exercerait en permanence.

Ainsi, les principes fondateurs que sont la solidarité, la sécurité, l’universalité, le partage des richesses, sont d’une activité brûlante et irrésistible.

Aussi, pour la révolution citoyenne que nous appelons de nos voeux, il n’est pas inutile de rappeler que lorsque le 22 mai 1946, Ambroise Croizat fit voter par l’Assemblée constituante la loi sur l’organisation de la Sécurité sociale et son extension à l’ensemble de la population, il y fût aidé par un rapport de force favorable comme jamais à la classe ouvrière. La vérité, c’est que le patronat n’a jamais accepté la Sécurité sociale. Plus encore que le coût du système, c’est la notion même de « sécurité » pour les travailleurs, si elle s’accompagne de la liberté et de la démocratie, qui est philosophiquement et politiquement insupportable.

Les futures élections présidentielle puis législatives sont l’occasion de défendre ensemble, Front de gauche, élus, syndicalistes et citoyens, l’œuvre d’Ambroise Croizat et d’amplifier le combat en faveur d’une protection sociale solidaire.

Pierre TRAPIER—Maire de Portes-Lès-Valence
Candidat Front de Gauche à l’élection législative pour la deuxième circonscription