Europe : Vote contre la remise en cause par l’Union Européenne de la nationalisation par un Etat de certaines ressources énergétiques

vendredi 4 mai 2012
par  PCF Drôme

Déclaration de marie Christine VERGIAT et intervention de Patrick Le Hyarik, députés européens du Front de Gauche

Depuis le début de la session plénière (le 17/04) nous assistons à une réaction surréaliste des institutions européennes face à la décision du gouvernement argentin de nationaliser les parts de la société espagnole Repsol dans la société d’hydrocarbures YPF.

Par cette décision, le gouvernement argentin n’a fait que revenir sur la privatisation de la principale société pétrolière argentine par le gouvernement ultralibéral de Carlos Menem, dans les années 90.

La résolution du Parlement européen attaque la décision d’un Etat souverain avec comme seule motivation la protection des investissements européens.

Il est tout à fait légitime pour un Etat souverain de procéder à la nationalisation d’entreprises qui ne respectent pas leurs engagements en matière de développement économique et de respect des droits de l’Homme et qui privilégient l’intérêt de leurs actionnaires au détriment des travailleurs nationaux.

L’Argentine a fait un choix politique au bénéfice des Argentins et de l’intérêt public du pays. Ce n’est donc pas une "ingérence politique dans le marché libre".

Demander des sanctions est un non-sens. L’UE serait plus crédible à demander de telles sanctions en cas de violations des droits de l’Homme comme en Colombie.

Marie-Christine Vergiat—Députée Européenne Front de Gauche -www.eurocitoyenne.fr/


Monsieur le Président, monsieur le Commissaire, chers collègues,
Je suis très surpris de cette dramatisation. Je suis très surpris de vos propos. Vous tentez de faire croire à l’opinion qu’il y aurait un problème de sécurité juridique des investissements européens en Argentine. En vérité, contre le libre choix du gouvernement argentin, contre la souveraineté nationale du peuple argentin, vous êtes en train de défendre les intérêts d’une compagnie pétrolière privée, Repsol dont plus de la moitié du capital est entre les mains de propriétaires étrangers, qui, avec sa filiale YPF, réalise en Argentine de considérables profits lui permettant de verser près de 16 milliards de dollars de dividende à ses actionnaires, organisant l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôt. Tout ceci sur le dos des travailleurs argentins, des populations locales, faisant fi des populations indigènes et de l’environnement.

Vous n’êtes pas ici en train de défendre les citoyens européens, ni même les intérêts d’un État membre, mais le capital international privé. Dites-le franchement sans vous cacher derrière une quelconque sécurité juridique.
Pourquoi ne pas renverser votre question et considérer que le gouvernement argentin tente de mettre fin à la spoliation d’une partie des richesses pétrolières appartenant au peuple argentin ? Pourquoi ne pas reconnaître au gouvernement argentin le droit de défendre sa souveraineté économique et politique alors que Repsol y organisait la pénurie de carburant, faute d’investissement ?

Enfin, il faut rappeler ici que cette entreprise avait été privatisée au nom de la réduction de la dette argentine. Or, c’est à la suite de ces privatisations que l’Argentine est passée sous la tutelle du FMI. Comme quoi, retenez la leçon, l’austérité, les privatisations, les destructions de souveraineté, comme vous l’organisez pour la Grèce et d’autres pays, mènent au désastre.

Pour l’heure, Messieurs de la Commission et du Conseil, laissez l’Argentine maîtresse de son destin.

.Patrick Le Hayrick – Directeur de l‘humanité - Député Européen du Front de Gauche
http://patricklehyaric.net/