L’après Sarkozysme
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Premier constat post électoral : la droite est battue et bien battue.
Les Français ne voulaient plus du sarkozysme, du règne de l’argent, de la perspective de vivre de plus en plus mal.
Ayant recueilli la majorité absolue à l’Assemblée, disposant de la présidence de la République et du Sénat, à la tête de quasi toutes les Régions, d’une majorité de départements et de nombreuses grandes villes, le Parti socialiste a les moyens de répondre aux attentes des citoyennes et des citoyens.
Cependant l’abstention record témoigne aussi que les électrices et les électeurs ne sont pas dans une démarche de confiance absolue, elles et ils attendent des décisions majeures aptes à sortir le pays de l’austérité. Une majorité de français ne peut supporter de nouveaux « efforts » même s’il en est demandé quelques uns aux plus riches.
La droite est certes battue, mais elle ne renonce pas et amorce une dérive qui menace du pire. Sur le fond, l’UMP en proclamant son ni-ni face au FN, en mettant sur le même plan le Front de gauche et les néofascistes lepénistes, signifie son ralliement au corps de pensée de l’extrême droite.
Quand au Front de Gauche, il obtient moins de député malgré un gain en nombre de voix et en pourcentage.
Ainsi le mode de scrutin et l’inversion du calendrier –présidentielle, puis législatives—dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l’Assemblée nationale au profit du bipartisme.
Le PS totalise 65% des voix de la gauche à la présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et obtient 90% des députés de gauche.
Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et compte moins de 5% des députés de gauche.
En dépit de cette injustice, le Front de Gauche, qui a réussi à constituer un groupe parlementaire, avec son influence qui va au délà des résultats électoraux, son groupe au Sénat, ses élus dans le pays, entend être une force d’initiatives et de propositions active et positive pour la réussite du changement.
Ce sera d’autant plus nécessaire que le mouvement social attend du concret de la Conférence pour l’emploi du mois de Juillet. Selon Bernard Thibault, la conférence ne doit pas se conclure uniquement par la décision d’ouvrir de nouveaux cycles de discussions, sans avoir à l’horizon des dates plus précise pour des décisions concrètes et immédiates comme sur le SMIC.
Les communistes débattent de la suite à donner aux luttes pour un vrai changement, tels qu’ils le conçoivent dans leur programme « l’Humain d’abord », et de poursuivre et amplifier la démarche citoyenne avec le Front de Gauche.
Paul GOYARD
