36ème congrès du PCF : un communisme de nouvelle génération pour sécuriser la gauche.

mercredi 20 février 2013
par  Jean Marc DURAND

En quatre jours, le 36ème congrès du Parti communiste français aura vécu au rythme d’un travail riche de débats, de réflexions et d’interventions marqués par la volonté de donner corps à un véritable nouvel élan du Parti communiste dans notre pays , c’est-à-dire, de faire vivre un communisme de nouvelle génération.

Ce congrès aura d’abord été un temps très fort de la solidarité internationale qui, il est vrai, constitue une marque de fabrique de notre parti mais qui cette année aura pris un relief particulier par la présence de plus de cent délégations étrangères. Parmi elles, certaines ont pu s’exprimer devant le congrès. Leurs représentants ont alors livré des interventions d’une dimension tout à fait remarquable tenant à la richesse des analyses développées et au caractère émouvant des témoignages rapportés. Je n’en retiendrai que quelques-unes, par exemple, le discours de l’ambassadeur de Palestine, ou celui d’un membre de convergence patriotique du Mali, ou encore celui d’une camarade du P C E, de la secrétaire générale du parti socialiste égyptien, d’un camarade brésilien du forum de Sao Paulo et l’hommage chanté aux militantes kurdes récemment assassinées à Paris. J’arrête là cette énumération.

Les communistes n’ont pas abdiqué

Ce congrès aura été profondément traversé par l’aspiration de tous les communistes à créer les conditions d’une véritable émancipation humaine en France, en Europe et dans le Monde, soulignant combien les actions à chacun de ces niveaux sont à la fois nécessaires et complémentaires.

Sans aucun conteste ce congrès aura marqué un certain nombre d’évolutions positives au premier rang desquelles ressort la volonté de créer les conditions d’un rassemblement des communistes au sein de leur parti. Disposer d’un parti uni, muni de toutes ses forces, est en effet indispensable pour aller à la bataille et engager sans attendre le chantier de la transformation sociale et politique. En ce sens, le fait qu’une seule liste ait été présentée au vote des congressistes pour le Conseil National et qu’il n’y ait eu ainsi aucune liste alternative de proposé, est le signe d’une évolution positive qui doit ouvrir sur de véritables nouvelles perspectives de travail en commun et créer une dynamique de conquête dans tout le mouvement communiste, voire bien au-delà, dans les prochains jours.

Cette nouvelle donne participe de la volonté des communistes et de leur direction de tenir un congrès ambitieux pour activer le changement. Un changement que le peuple de gauche a voulu et pour lequel il a voté majoritairement au printemps 2012 mais un changement qui aujourd’hui tarde à venir. Il tarde à venir parce que le pouvoir ne prend pas les mesures nécessaires contre le capital financier, parce qu’il continue de laisser le champ libre au Medef et aux chantres des coupes sombres dans la dépense publique, car il prolonge la logique de déstructuration des garanties sociales et collectives de son prédécesseur. Ainsi l’emploi industriel continue de décliner, le chômage grandit, l’industrie continue à partir en morceaux, les services publics sont partout mis à mal, le pouvoir d’achat recule, le chantage aux délocalisations se poursuit.
Les communistes n’ont pas abdiqué. Les changements fondamentaux pour commencer à inverser le cours des événements, les communistes n’y renoncent pas. C’est d’ailleurs pour cela que dans leur congrès ils ont décidé de lancer un appel à l’ensemble des forces de gauche, les forces sociales, syndicales, toutes les forces de changement, à se mobiliser. C’est le sens de la campagne du Font de gauche pour une alternative à l’austérité. Cette campagne est ouverte à toutes et à tous. Toutes les forces de gauche y sont les bienvenues, les socialistes qui ne renoncent pas au changement, les écologistes qui veulent construire une véritable transition énergétique, nous sommes prêts à travailler avec tous, ouverts à tous les dialogues, à toutes les actions convergentes.

Engager la bataille sur la sécurisation de l’emploi.
Exiger l’amnistie de tous les syndicalistes poursuivis.
Soutenir et relancer la bataille pour le droit de vote des immigrés aux élections locales.

En ce sens nous devons sans plus tarder mettre en mouvement les assemblées citoyennes, les fronts thématiques, les fronts de lutte. Ils sont autant d’outils au service du changement. Ils sont autant de moyens pour créer les conditions du plus large rassemblement. Nous ne sommes pas destinés à nous complaire dans l’opposition. Nous voulons réussir le changement à gauche.

Et nous pouvons commencer tout de suite à donner des signes forts, à créer des brèches, à ouvrir des espaces. C’est pourquoi les communistes ont choisi de mettre en avant trois propositions développées dans son intervention de clôture par Pierre Laurent. Elles se résument ainsi :

Engager la bataille sur la sécurisation de l’emploi.

Il faut créer les conditions pour que l’accord signé par des organisations syndicales minoritaires avec le Medef ne soit pas ratifié par les parlementaires de gauche. Mais cela ne suffit pas. Il nous faut prendre la contre-offensive et construire l’alternative. C’est pourquoi une série de propositions seront avancées par les communistes et les parlementaires communistes. : de l’interdiction des licenciements boursiers en passant par le droit de véto suspensif des salariés dans les conseils d’administration jusqu’à la reprise d’une entreprise quand elle peut vivre et se développer.

Soutenir et relancer la bataille pour le droit de vote des immigrés aux élections locales.

Exiger l’amnistie de tous les syndicalistes poursuivis, notamment en faisant voter une loi à ce propos.

Voilà l’important défi qu’a lancé notre 36ème congrès. Dès maintenant il faut s’emparer de cette feuille de route pour la faire prospérer le plus loin, et le plus longtemps possible, pour qu’elle devienne l’objectif commun d’une majorité de gauche bien décidée à franchir une étape significative dans le dépassement d’un capitalisme mondialisé qui crée chaque jour de plus profonds ravages dans la vie des hommes et de leur planète. ◼

Jean-Marc DURAND.