Une nécessité sociale, un choix de société
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Le gouvernement Fillon a refusé de donner un coup de pouce à l’augmentation du SMIC.
Pour ceux qui travaillent 35h par semaine c’est un salaire mensuel de 1000 euros. Comment se loger, manger, se soigner, se cultiver, offrir une vie normale à sa famille avec si peu de moyens ? Quelle vie pour les 40% de salarié-e-s- (parmi eux une majorité de femmes) - payé-e-s au Smic qui travaillent à temps partiel ?
Augmenter le SMIC est une nécessité sociale absolue qui doit se conjuguer avec une politique salariale ambitieuse qui prenne en compte la reconnaissance des qualifications, des savoirs, des savoir-faire, qui développe la formation. Une telle politique permettrait de remettre à flot les caisses de Sécurité sociale, de relancer la consommation et donc de créer des emplois supplémentaires.
Au nom de la compétitivité, de la concurrence, de la sauvegarde des emplois, le candidat président pour se faire élire a martelé à longueur de discours sur la « valeur du travail » qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus ». Il a convaincu une majorité d’électeurs. Mais dans la réalité qui décide des heures supplémentaires ? L’employeur, jamais les salariés. S’il n’y a pas d’heures « sup », le salaire est bloqué. Et encore faut-il pouvoir physiquement les effectuer. Les salariés de Kronenbourg ont fait grève pour les refuser.
L’augmentation des salaires est un choix de société, de courage politique sur la nature des réformes à entreprendre. Les profits des entreprises du CAC 40, les dividendes versés aux actionnaires explosent. Cet argent ne sert ni au développement économique, ni à la recherche, ni à la formation, ni au développement humain...
Il faut une transformation profonde dans le rapport entre le capital et le travail. La part du travail dans la valeur ajoutée a reculé de 10 points en 20 ans.
La pression idéologique de la droite et du patronat tente, d’ailleurs avec succès, d’évacuer ce débat, d’opposer ceux qui ont du travail à ceux qui en sont privés, ceux qui ont des difficultés à vivre avec le SMIC à ceux qui vivent des minimas sociaux, les français aux immigrés...
Dans la campagne électorale, le candidat président a tenté de dénaturer un grand moment historique des luttes sociales : « je veux tourner la page de mai 68 ». Dans l’Humanité du 2 mai, Georges Seguy réagit :« le fait important, historique, de mai 68, c’est la grève générale de dix millions de travailleurs occupant les entreprises (...) l’augmentation de 30% du Smic (...) stimulant la consommation intérieure à tel point que la croissance économique connut l’une des plus importantes augmentations de la période des « glorieuses ». Et plus loin d’affirmer « gagner plus, il faut lutter plus, je mets au défit quiconque, au vu de l’histoire, de démontrer le contraire ».
Valorisation du travail humain, réponses aux besoins humains, solidarité, émancipation sociale, politique, culturelle... ne doivent-elles pas être au cœur des débats auxquels sont invités les communistes –et pas eux seuls– dans la préparation du congrès extraordinaire de décembre 2007
Yvonne ALLEGRET

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