Que se lèvent les « Gaulois réfractaires » contre le président des très riches !

jeudi 30 août 2018

Dans l’Humanité du jeudi 30 Août
Gérard Le Puill

Dans un pays ou la consommation représente 55% du produit intérieur brut, le quasi blocage des pensions de retraite, des allocations familiales et de l’APL en 2019 et 2020 va appauvrir des millions de gens et produire un effet récessif qui fera augmenter le chômage. Tous ces Français ont de bonnes raisons de se conduire en « Gaulois réfractaires » fustigés hier par Emmanuel Macron au Danemark pour justifier sa politique au service des nantis.

Dans l’entretien accordé par le Premier ministre au Journal du Dimanche daté du 26 août, deux extraits ont souvent été relevés mais peu analysés par les commentateurs. Ils méritent pourtant d’être vus comme porteurs de contradictions au delà de la volonté d’enfumage de ce gouvernement. Edouard Philippe nous informe que « dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés dans le privé comme dans le public. Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200€ supplémentaires par an », dit-il.

Le Premier ministre ne précise pas combien d’heures supplémentaires seront nécessaires chaque semaine pour que la suppression des cotisations salariales du smicard sur ces heures-là lui donne un peu plus de 16 € par mois en moyenne. Mais on sait que cela ne coûtera pas un centime à son employeur qui empochera la plus-value produite par ces heures supplémentaires. Car le gouvernement paiera la différence via nos impôts. Dans le même entretien, Edouard Philippe précise aussi que certaines prestations « augmenteront de 0,3% par an en 2019 et en 2920 : l’aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite ».
Ce que perdra le smicard sur l’APL et les allocations familiales

Prenons le cas du smicard mis en exergue par le Premier ministre. Si son employeur lui propose des heures supplémentaires défiscalisées, ce sera seulement à partir d’octobre 2019. Si ce smicard est locataire d’un logement HLM et bénéficie de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) en raison de ses revenus modestes, l’augmentation de 0,3% de l’APL en 2019 et 2020 ne couvrira pas l’augmentation du loyer calée sur la moyenne de l’inflation. A supposer qu’un loyer mensuel de 600€ augmente de 2% en 2019 et en 2020, cela se traduira par une hausse de la dépense de 144€ pour 2019 et un peu plus pour 2020. A supposer que l’APL couvrait en 2018 le tiers de ce loyer mensuel, sa hausse de 0,3% seulement les deux années suivantes fera monter sensiblement le reste à charge pour le locataire.

Si le smicard, ou la smicarde, pouvant percevoir une moyenne de 16€ de plus par mois via les heures supplémentaires à partir d’octobre 2019, est aussi parent de plusieurs enfants, la même personne perdra beaucoup sur ses allocations familiales. Elles s’élèvent à 299,20€ mensuels en 2018 pour trois enfants. Revalorisées de 2% en 2019 pour tenir compte de l’inflation, elles auraient pu augmenter de près de 72€ sur l’année. Avec 0,3% d’augmentation, elles augmenteront de 10,44€ et guère davantage en 2020. Sur deux ans, le manque à gagner atteindra 123€ environ.
Macron veut réduire les retraites de 10% en cinq ans

Evoquons maintenant la situation des 16 millions de retraités que compte le pays. Ils ont perdu plusieurs points de pouvoir d’achat sous les présidences de Nicolas Sarkozy et François Hollande, du fait de plusieurs reports des dates de revalorisation des pensions et du changement du mode de calcul en ne prenant plus en compte l’inflation dans sa totalité. Mais les choses empirent comme jamais depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le prélèvement de 1,7% sur les pensions brutes dès janvier 2018 a réduit les pensions nettes de 1,83%. Alors que la hausse des prix a été de 2% sur un an de la fin du printemps 2017 à celle de 2018, les retraités ont perdu 4% de pouvoir d’achat depuis l’installation de Macron à l’Elysée.

A supposer que la hausse moyenne des prix soit de 1,8% en 2019 et en 2020, la revalorisation des pensions de seulement 0,3% durant chacune de ces prochaines années fera perdre 3% de pouvoir d’achat aux retraité. A ce rythme, ils pourraient perdre 10% de leur pouvoir d’achat durant le quinquennat de l’actuel président de la République. Alors que la pension brute moyenne était de 1.389€ en 2016 et qu’elle a baissé depuis du fait de l’augmentation de la CSG, la perte mensuelle sur la pension moyenne pourrait être de 138€ par mois à la fin du quinquennat ! C’est du vol au regard des droits acquis par une vie de cotisations mensuelles !

En France, la consommation représente près de 55% du produit intérieur brut, le fameux PIB évoqué à tout bout de champs pour booster la croissance économique, qui fait rentrer des recettes fiscales dans les caisses de l’Etat. Cette croissance n’a été que de 0,2% au cours du second trimestre 2018. Que deviendra-t-elle en 2019 et 2020 dès lors que, des retraités aux locataires en passant par les familles avec enfants, plus de la moitié de la population française subira une baisse sensible de son pouvoir d’achat ? Un tel recul de pouvoir d’achat fera progresser le chômage et donc le nombre des inactifs tandis que la progression globale des heures supplémentaires délestées du salaire différé réduira les recettes de la Sécurité sociale et des caisses de retraite !
L’homme qui palpait 140 fois le smic mensuel chez Rothschild

Déterminé à poursuivre sa politique au service des plus riches, Emmanuel Macron a déclaré hier devant la petite communauté française installée au Danemark en évoquant ce que l’on appelle la « flexisécurité » dans ce pays : « Il ne s’agit pas d’être naïf, ce qui est possible est lié à une culture, un peuple marqué par son histoire. Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement ! », que serait le citoyen français. Plus tard, devant le patronat danois, le même homme a déclaré : « Vous verrez, la France transformée par son peuple, les gens changent d’état d’esprit, ils sont beaucoup plus ouverts au risque ».

Lors de sa dernière année passée à la banque Rothschild sur un total de quatre, le cadre bancaire Emmanuel Macron a empoché la somme de 2 millions d’euros en salaire, en actions gratuites et en primes. On ignore quelle fut la part des heures supplémentaires pour acquérir ce pactole. Sachant que le SMIC net est aujourd’hui 1.153,82 euros mensuel, Macron empocha en 2011 l’équivalent de 140 SMIC par mois. Fort de cette expérience, il estime que tout doit revenir aux « premiers de cordée ». Il reste à savoir comment vont réagir les « Gaulois réfractaires »


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