Loi « Travail » : le temps presse d’une alternative

mercredi 30 mars 2016
par  PCF Drôme

La montée en puissance du mouvement de lutte contre le projet de loi « Travail » El Khomri dont la mobilisation du 31 mars est une traduction, souligne à la fois le désenchantement des salariés face à une situation sociale, dont ils supportent de plus en plus mal la dégradation, et leur volonté d’en découdre.

Cependant, force est de constater le retard certain pris au cours de ces dernières années dans la construction de mouvements et de solutions pouvant offrir une alternative crédible et radicale aux objectifs du Medef et du capitalisme dans sa phase ultra libérale.

Ce retard est un handicap qu’il convient de combler rapidement si nous voulons que les mouvements sociaux grandissent et s’inscrivent dans la durée avec une réelle perspective de réussite.

Les communistes sont engagés dans une campagne pour l’emploi qui d’une certaine manière tombe à point nommé. En effet, s’il est aujourd’hui urgent et nécessaire de s’opposer et de faire grandir l’opposition au projet de loi « Travail », son retrait ne saurait en soi être suffisant pour se sortir des griffes du patronat.

Certes, nous aurions obtenu une victoire mais cela ne signifierait pas pour autant que nous serions parvenus à inverser la logique d’exploitation capitaliste. Il importe donc que nous sachions nous saisir du combat pour le retrait du projet de loi « Travail », pour faire grandir les issues politiques alternatives possibles.

C’est ce que les communistes proposent avec leur projet de sécurité d’emploi ou de formation qui a fait l’objet d’un premier échange intéressant au plan fédéral le 25 mars. C’est le sens de notre démarche lorsque nous nous adressons aux organisations syndicales et aux divers acteurs sociaux impliqués sur les questions de l’emploi, pour une rencontre en vue d’organiser des meetings communs portant sur les propositions des uns et des autres pour de nouveaux emplois et une nouvelle conception du travail.

En ce sens les communistes versent au débat trois propositions :

1- Un nouveau contrat de travail dont le socle commun serait le CDI, et une nouvelle régulation du marché de l’emploi jusqu’à son dépassement par une alternance d’emplois et de formations sans jamais passer par la case chômage.

2- De nouveaux pouvoirs des salariés dans les gestions des entreprises (1) quant à l‘utilisation des fruits de la richesse produite, à la nature des productions, aux objectifs et à l’organisation du travail.

3- De nouveaux financements, ce qui suppose un nouveau rôle des banques pour une autre politique du crédit, sous contrôle des citoyens et des salariés dotés là aussi de droits et de réels pouvoirs d’initiatives et de décision.

1) Entreprises, pris au sens général, c’est-à-dire aussi bien de production que de services et du privé comme du public, y compris les administrations.

Jean-Marc DURAND