COMMUNIQUE DE PRESSE des Unions Départementales CGT de la SAVOIE, de l’ISERE, de la CGT Cheminots, de la CGT Transports des Alpes du Nord

jeudi 12 mai 2016
par  PCF Drôme

En faisant voter une délibération actant le retrait financier de la ville dans le projet de nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin, le maire de Grenoble a joué contre l’intérêt général, et des grenoblois en particulier.

Par cette décision, la majorité de la municipalité a renié ses valeurs écologiques vis-à-vis d’un projet qui a vocation à rééquilibrer les modes de transports de la route vers le rail.
L’objectif affiché pour la liaison transalpine est de transférer l’équivalent de 100 000 poids lourds par an sur l’autoroute ferroviaire dans un premier temps pour aller à 1 million lorsque la ligne complète sera réalisée.

Depuis 2004 et l’ouverture à la concurrence du trafic fret ferroviaire, la part modale du fret ferroviaire dans le marché des transports de marchandises est passée en France de 14 % à 10 % (soit 1, 5 million de camions supplémentaires sur les routes de Maurienne !).
80 % du trafic entre l’Italie et la France se fait par la route avec l’émission de 2 millions de tonnes de Co2 par an.
Les coûts externes (accidents, pollution, nuisances, dégradations, congestion…) générés par les transports s’élèvent chaque année à 87 milliards d’euros en France dont 92 % sont générés par le mode routier et seulement 3 % pour le mode ferré.
A noter aussi que le coût de la pollution sur la santé est évalué à 100 milliards d’euros par an (chiffre COP 21).

Par cette décision, la municipalité de Grenoble remet en cause l’intérêt des usagers du TER entre Lyon-Chambéry et Lyon-Grenoble.
Le financement de la partie française actée dans le cadre d’un protocole en 2007 intégrant de nombreuses collectivités de Rhône-Alpes dont la mairie de Grenoble et l’Italie, la liaison Lyon-Turin doit permettre d’assurer des TER grande vitesse entre Lyon-Chambéry et Lyon-Grenoble en nombre très importants ; avec une ligne nouvelle.
Exemples d’amélioration : Lyon-Chambéry : de 1 h 05 à 0 h 40
Lyon-Grenoble : de 1 h 10 à 1 h 00

Aujourd’hui, les usagers souffrent de retards chroniques au niveau de ces liaisons à cause d’infrastructures saturées, en manque d’investissement.

Enfin, par cette décision, la municipalité de Grenoble revient sur des décisions démocratiques prises dans le cadre de nombreuses consultations publiques avec la participation des populations concernées (du 16 janvier au 19 mars 2012, des millions de personnes ont été consultées sur le phasage de la partie française).

La CGT a toujours été engagée pour cette liaison dès 1989 en exigeant un véritable report modal pour répondre aux problèmes environnementaux, faisant évoluer la priorité au départ pour des TGV vers le fret, aux côtés des populations dont une majorité d’écologistes.

La CGT souhaite un développement humain durable contre les émissions de gaz à effet de serre.