COMMENT LE LOGEMENT SOCIAL EST AUSSI DANS LA COLLIMATEUR DE NICOLAS DARAGON

mercredi 20 juillet 2016
par  Pierre TRAPIER

Le 30 Juin, le Conseil communautaire de la grande Agglo validait le rattachement de l’Office Public de l’Habitat de Valence à la Communauté d’Agglo.
Un rattachement qui cache à terme bien d’autres visées…

A la question de Gérard Bouchet, conseiller communautaire d’opposition (MRC) portant sur de possibles fusions des trois principaux bailleurs sociaux publics, Nicolas Daragon s’est déclaré ouvertement favorable à ces fusions.
Pierre Trapier, conseiller communautaire d’opposition (PCF) a réagi et dénoncé cette dérive libérale, qui condamne à terme le logement social.

« Monsieur le Président, vous venez de déclarer qu’après le rattachement, vous n’êtes pas opposé à une fusion des trois principaux bailleurs sociaux de l’Agglo. C’est grave !
Le transfert de rattachement de l’OPH de Valence inaugure donc des fusions à venir pour les différents bailleurs sociaux. Je voterai contre. Je comprends mieux pourquoi les maîtres mots dans le monde HLM sont devenus rattachement, fusion, absorbions, concentration…
Les concentrations font désormais rage chez les grands acteurs du logement social. Des sociétés anonymes HLM, devenues les « entreprises sociales de habitat » appartiennent aujourd’hui à de grands groupes, détenus par des organismes collecteurs du 1% du logement. Des mastodontes où il n’est pas rare de mutualiser des moyens entre les entités assurant une mission de logement social et d’autres ayant des activités concurrentielles.

Monsieur le Président, jusqu’à quel point cette soi-disant recherche d’activité économique est-elle compatible avec les missions de service public du logement social auxquelles sont toujours assignés les offices HLM ? La question se pose d’autant plus que les Offices Publics de l’Habitat, qu’ils soient municipaux ou départementaux, sont à leur tour invités, sous la pression des pouvoirs publics, à entrer dans le bal des fusions-acquisitions.

Le deuxième coup de rasoir illustre mon propos précédent puisqu’avec la loi NOTRe, la compétence logement pourra être confiée à ce nouvel échelon territorial qu’est la Métropole. On voit bien, que le risque est grand d’une dissolution de l’objectif de 25% de logements sociaux dans chaque commune.
D’autres inquiétudes émergent notamment avec la disparition programmée des Départements qui risquent de pousser les dirigeants des organismes à transférer leurs patrimoines vers une société d’économie mixte ou vers une entreprise sociale pour l’habitat, diminuant ainsi la place du logement public.
C’est tout ce processus que votre aveu public de ce soir, ne reniant d’aucune manière les possibles fusions à venir, encourage. »

Pierre TRAPIER