Sécu : il faut la sortir des griffes de la finance

mercredi 25 janvier 2017
par  Communication Pcf 26

Grand rétropédalage de Fillon qui assure, à présent, qu’il veut sauver la Sécu ! Qu’il se soit senti obligé de faire marche arrière au vu des protestations déclenchées par ses propos initiaux est plutôt une bonne nouvelle…
Mais de quoi est réellement malade la Sécu ?

Quelques exemples de symptômes observés :

La Sécu est malade de la goinfrerie des labos. L’année dernière, Médecins du Monde a contesté, devant l’office européen des brevets, la protection offerte au laboratoire américain Gilead pour le traitement de l’hépatite C.
Plus de 41 000 € pour un traitement de 12 semaines avec le Sovaldi ! Le brevet, déposé avant même la démonstration d’efficacité, privatise la molécule, empêchant ainsi d’autres chercheurs de travailler dessus.
Et même si les malades de l’hépatite C n’accèdent pas tous à ce traitement, la sécu doit payer…
Sur les 400 milliards de dollars de chiffre d’affaires des 10 plus gros laboratoires mondiaux, seuls 14,2% sont consacrés à la recherche et au développement, quand 25% vont au marketing et à la communication, et 20% aux actionnaires…On voit ce qui les motive !
Première entreprise de l’industrie pharmaceutique en France, Sanofi a vu son bénéfice net passer à 1,67 milliard € pour un chiffre d’affaires de 9 milliards €.
Les génériques, ça rapporte, mais pas encore assez : démantèlement de laboratoire, vente de sa filiale santé animale et de ses génériques en Europe, tant pis si cela entraîne des milliers de suppressions d’emplois.

Pendant ce temps là, Olivier Brandicourt s’octroie une rémunération de 16,8 millions €, soit 960 SMIC, ce qui en fait un des 5 patrons les mieux payés. Il faut dire que les entreprises du CAC 40 ont distribué 56 milliards € en dividendes (hausse de 13% sur 1 an) et en rachats d’actions, et que Sanofi figure dans les trois premiers.
Pourtant cette hausse n’est pas proportionnelle aux résultats financiers, qui n’ont progressé que de 1,40%.
Mais ce qui compte pour ces gens là, c’est de piocher dans la caisse, et tant pis si l’investissement, et donc l’emploi passe à la trappe. Autant de cotisations qui vont manquer à la Sécu…

Dernier exemple de la rapacité des actionnaires : Il a fallu 64 jours de grève des salariés de la clinique de l’Ormeau, à Tarbes, pour obtenir une prime annuelle de 700 € brut, une revalorisation annuelle garantie des salaires, et une organisation du travail correspondant mieux à leurs souhaits.
Le propriétaire Médipôle Partenaires est le 3ème groupe d’hospitalisation privée lucrative en France, en pleine santé, qui veut rentrer en bourse. L’ancien PDG, mouillé dans les Panama Papers, a été remplacé par un proche de Christine Lagarde. La polyclinique dispose du quasi monopole dans sa région pour toute une série d’interventions et de soins…de quoi empocher les prestations de la Sécu pour ses 40 000 patients, en plus du CICE de 1,7 million €.
Côté bénéfices, la clinique a reversé 10 millions à Médipôle Partenaires. Tout va bien, non ?

Les communistes rappellent que c’est depuis sa fondation que la Sécu a été la cible de ceux qui veulent tout marchandiser. Innovation majeure en son temps, la Sécu repose toujours sur des principes fondateurs d’une grande modernité. Si elle est en danger, c’est à cause de décisions très politiques, il est donc possible de faire d’autres choix.
Son financement doit être assuré, par exemple en faisant contribuer les revenus financiers des entreprises au même niveau que les revenus des salariés, en modulant les cotisations en fonction de la part des salaires dans la valeur ajoutée, et selon les branches.
Enfin, il faut arriver à l’abandon progressif de la CSG, et rétablir la gestion de la Sécu par les salariés eux-mêmes, pour la sortir des logiques financières qui l’affaiblissent.
L’ordonnance du 4 octobre 1945 voulait « débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain ».
Combat toujours d’actualité : Les communistes veulent étendre la protection sociale à l’emploi, et faire reculer la précarité. C’est tout le sens de leur proposition de loi « sécurisation emploi et formation » mise en débat, et de leur volonté d’abrogation de la loi El Khomri.

Dominique LORMIER

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