Marée populaire : manifestation du 26/05/2018 à Valence. Prise de paroles du Pcf devant la banque de France.

mercredi 30 mai 2018
par  PCF Drôme

Suppressions d’emplois publics (120 000 prévus par Macron), fermetures de lits d’hôpitaux, de gares, de lignes SNCF, de trésoreries, de bureaux de postes, concentration de services, disparition de communes, délocalisations, chômage, précarité, OPA. Les bénéfices des entreprises du CAC 40 dont seulement 5,3% vont aux salaires et 27, 3% aux investissements alors que 68, 4% sont servis en dividendes, soit 56 milliards d’euros, il y a quelque chose qui va mal ! Et tout cela a un point commun : l’utilisation de l’argent.

Cette description traduit une chose : la crise du système capitaliste dans sa phase financière exacerbée. Pour assurer son existence, le capitalisme face à l’énorme masse de capitaux accumulés du fait des technologies informationnelles et de la financiarisation de l’économie a aujourd’hui besoin d’un taux de rentabilité toujours plus fort. C’est pourquoi il exploite toujours plus les hommes et la terre ce qui le conduit à briser les statuts, les garanties collectives, la sécurité sociale, les services publics, les rémunérations, l’emploi, les retraites. Il s’agit dans une sorte de course folle d’accaparer le plus possible d’argent issu de la création de richesses pour le diriger vers les marchés financiers et gonfler les dividendes. Voilà pourquoi les dividendes explosent tel que le révèle Oxfam. Rendez-vous compte, l’augmentation en un an des dividendes versés aux détenteurs des entreprises du CAC 40 correspond à un montant supérieur à la dette cumulée de la SNCF (50,8 Milliards € ). C’est socialement indécent et criminel économiquement.

Changer radicalement cette situation nécessite de s’attaquer à la racine du mal, donc de frapper au cœur du système, c’est-à-dire de tout ce qui concerne l’argent, sa gestion, son utilisation, sa création. Et cela exige d’activer bien d’autres leviers que celui d’une répartition se résumant à prendre l’argent aux actionnaires pour le donner à d’autres. Il faut agir, intervenir et décider dès le lieu de création de l’argent. C’est-à-dire dès le processus de production dans les entreprises et dès la création monétaire par les banques, que ce soit par le crédit pour les banques de dépôt ou par la planche à billets de la BCE. Il s’agit de se donner les moyens de cette intervention par des propositions précises visant à prendre le pouvoir sur l’argent pour construire les bases d’un changement de système vers une civilisation du partage pour chacune et chacun.

Au-delà̀ d’une nécessaire contribution fiscale incluant la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale spécialement en remettant sur pied une véritable fiscalité des entreprises, arrêtons de livrer notre endettement aux marchés financiers à qui l’État paye plus de 40 milliards d’intérêts par an. La Banque centrale européenne injecte dans le même temps des centaines de milliards d’euros sur les marchés financiers. En mars 2017 la BCE et les banques centrales nationales dont la Bdf devant laquelle nous nous trouvons, qui forment l’eurosystème, ont acquis 1844 milliards de titres sur les marchés dont 80% sont des titres de dette publique. Cet argent ne doit plus aller à la spéculation, aux délocalisations ou aux destructions d’emploi.

Si nos services publics bénéficiaient pour leurs emprunts des mêmes conditions que les banques ― à qui la BCE prête actuellement 760 milliards d’euros à des taux compris entre 0 % et -0,4 % pour des prêts à échéance de 4 ans ― ils auraient les moyens d’engager les dépenses qui leur permettraient de se développer, d’accroître les richesses produites dans le pays, et ainsi de rembourser, progressivement dans l’avenir, une dette rendue utile et efficace. Ils auraient les moyens d’une gestion démocratique, plus proche des usagers pour mieux répondre à leurs besoins et pour réussir la transition écologique. Oui, un euro employé́ pour les services publics dans ces conditions, c’est un euro efficace !

Pour avancer en ce sens il s’agit de mettre à disposition des salariés et citoyens de nouvelles institutions du local à l’européen, notamment :

-  Un fonds de développement économique, social, écologique, solidaire européen adossé à la BCE, visant à financer dans chaque pays de l’UE, le développement des services publics, cela sous contrôle démocratique des parlements et des citoyens. Il s’agit d’émanciper le financement des services publics de la tutelle des marchés financiers. (Exemple : le pompage des marchés financiers sur la SNCF c’est 2,8 Mds d’€ par an soit 1/3 de la masse salariale).
-  Un droit d’initiative à la disposition des élus locaux et d’associations qui auraient la possibilité de demander l’intervention du fonds européen pour financer des projets locaux de services publics (éducation, santé, culture, sport, transports…).
-  Des fonds régionaux et nationaux pour l’emploi et la formation ayant pour fonction d’inciter les banques à financer des projets publics et privés (investissements des entreprises) répondant à des critères d’efficacité économique, sociale et environnementale.
-  Un pôle public financier auquel seraient adossés ces fonds. Ce pôle serait constitué de banques nouvellement nationalisées et des institutions financières publiques existantes (CdC, BPI, Banque postale…).

Voilà des axes de programme qu’au Pcf nous portons. A la disposition de tous, ils peuvent avancer sans délai au gré des luttes sociales et des combats politiques dans les institutions comme dans les campagnes électorales. Changer la vie des gens, redonner du sens à la société, implique absolument de prendre à bras le corps l’enjeu fondamental de la prise de pouvoir des salariés et des citoyens sur l’argent. C’est le cœur du combat de classe d’aujourd’hui !

Jean-Marc DURAND


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