Un nouveau ministre de l’agriculture mais pour quoi faire ?

mercredi 31 octobre 2018
par  PCF Drôme

Mais qu’est-il arrivé à Didier Guillaume, ancien président de notre département, tout fraîchement nommé ministre de l’agriculture lorsqu’il a déclaré : "C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides ou pas" ?
C’est une douche froide pour ceux qui avaient un petit espoir de voir l’ancien président du département le plus « bio » de France défendre une agriculture respectueuse de l’environnement et des hommes.
En tout premier lieu, c’est au fabricant de pesticides de faire la preuve de l’innocuité de son produit.
Nous invitons le ministre à lire avec attention la dernière étude parue dans la prestigieuse revue JAMA International Medicine qui montre que les mangeurs de produits Bio développent 25 % en moyenne de cancers en moins, prouvant en creux la nocivité des pesticides et autres poisons utilisés dans l’agriculture.
Sur la question du glyphosate, le pesticide le plus utilisé en agriculture, Didier Guillaume a assuré qu’il serait interdit d’ici la fin du quinquennat, mais qu’il fallait « trouver les substitutions » grâce, notamment, à la recherche. C’est encore une façon de perdre du temps alors que les citoyens demandent d’agir rapidement (en témoigne le mouvement coquelicot notamment).
Et justement à propos de moyens de « substitutions »... N’est-ce pas dans la Drôme que se tenait le salon « tech & Bio » qui promouvait tous les outils les plus modernes pour cultiver bio, et ce depuis plusieurs années ? (Et que notre ministre a même inauguré à plusieurs reprises).
Faut-il encore informer notre ministre de cette étude de l’INRA (été 2018) qui démontre que les pesticides, herbicides et autres produits nocifs sont moins efficaces contre les ravageurs, champignons et mauvaises herbes que l’agriculture bio ?
Faut-il rappeler à Didier Guillaume que le Centre international de recherche sur le cancer a classé le glyphosate (un herbicide très utilisé) comme cancérogène ?
Faut-il l’inviter à tourner son pulvérisateur vers les Etats-Unis où la justice vient de confirmer en appel la nocivité du glyphosate, qualifié de « poison pour l’homme » ?
Didier Guillaume, converti au Macronisme, aurait-il cédé comme ses prédécesseurs au lobby de la FNSEA ?

N’est-il pas urgent pourtant de défendre les paysans en leur assurant à terme un revenu à la hauteur de leur travail, et qu’il fera prendre à l’agriculture le virage écologique nécessaire, aussi bien pour l’environnement que pour la population et en particulier pour les agriculteurs eux-mêmes, ils sont les plus touchés par les conséquences néfastes des pesticides.

Philippe LEEUWENBERG