L’ASSÉCHEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE SE POURSUIT

mercredi 7 novembre 2018
par  PCF Drôme

Le budget de la Sécurité sociale pour 2019 vient d’être adopté par l’Assemblée nationale.
Ce budget est celui d’un nouveau tour de vis.
C’est 5,7 milliards d’économies que devra réaliser la Sécurité sociale en 2019, 3,8 milliards sur les seules dépenses d’assurance maladie.
Pas moins de 910 millions d’euros seront réclamés à une sphère hospitalière déjà exsangue.
Affichant sans rire son « sérieux budgétaire », la majorité pousse en réalité comme jamais une stratégie d’assèchement des ressources de la Sécu, déjà à l’œuvre depuis des années. Elle n’hésite pas, au passage, à faire payer la note aux services publics et aux contribuables.
Le cumul de toutes les exonérations fiscales votées pourrait atteindre 71 milliards d’euros de pertes en 2019, transformation du Cice, allègements sur les bas salaires et désocialisation des heures supplémentaires inclus.
La Macronie continue en outre son tour de passe-passe en piquant du salaire brut aux français, sans rendre l’équivalent en net, tout en augmentant la CSG pour retomber sur ses pieds. En outre, 800 millions d’euros seront prélevés sur le dos des familles.
Les amendements des députés communistes pour renouer avec « l’Etat providence » et assurer une « Sécurité Sociale du XXIème siècle » ont été repoussés.
Tel est le cas, quand les députés communistes ont voulu s’attaquer fortement à la fraude patronale aux cotisations sociales. Son montant est estimé à 25 milliards d’euros par an selon la Cour des comptes. Seulement 1,5 milliard d’euros sont récupérés par l’Urssaf, dont 585 millions au titre du travail dissimulé…La régulation des médecins libéraux dans les zones excédentaires pour lutter contre les déserts médicaux a aussi fait long feu. Tout comme les mesures proposées pour faire baisser le prix des médicaments, notamment quand ils sont issus de la recherche publique ou quand l’intérêt de la Santé publique le justifie.

Quant au « reste à charge zéro » pour les soins dentaires, optiques et auditifs, ce dispositif encore mal défini, sera réservé aux assurés sociaux qui prendront des complémentaires santé (assurances et mutuelles) pour lesquelles les cotisations pourraient bien flamber, dans un avenir proche. Cela n’est pas anodin…Nouveau champ de conquête pour le MEDEF et le secteur assurantiel, des assureurs s’étaient proposés, il y a quelques temps, de gérer en totalité « certains risques ».

Une aubaine, pour détricoter en profondeur, les principes fondateurs de la Sécurité sociale que sont l’universalité et la solidarité.

Pierre TRAPIER