Macron s’attaque aux chômeurs plutôt qu’au chômage !

mercredi 9 janvier 2019
par  PCF Drôme

Alors que patronat et syndicats négocient actuellement une « nouvelle refonte » du régime d‘assurance-chômage, le gouvernement vient de concocter une surprise qui n’a rien d‘un cadeau de fin d’année pour les plus démunis. Il s’agit d’un petit décret de derrière les fagots, paru in extrémis le 30 décembre.
Pour justifier cette méthode une nouvelle fois autoritaire, le but était tout trouvé : renforcer les sanctions encourues pour les chômeurs qui « ne rechercheraient pas suffisamment un emploi ».

Encore et toujours, la stigmatisation des sans-emploi, accusés d’être des fraudeurs. Pour justifier ce coup de bâton, la députée LREM, Aurore Bergé, ose évoquer « une logique de justice ! ». En publiant ce décret qui accentue les sanctions à l’encontre des demandeurs d’emploi, le gouvernement ne pose plus de limites dans sa volonté d’accroître les radiations et d’obliger à accepter les jobs précaires.
L’arsenal du flicage va donc encore être renforcé. Ainsi, l’insuffisance de recherche d’emploi comme le refus à deux reprises de deux offres vont être sévèrement sanctionnés. D’après ce décret, l’allocation est supprimée dès le premier manquement et non « suspendue », ce qui permettait de conserver ses droits. Ainsi, le gouvernement est dans une logique d’amalgame entre les 0,4 % de fraude et l’ensemble des chômeurs.
La mise au travail forcé des chômeurs se s’arrête pas là, le décret abroge aussi « la définition du salaire antérieurement perçu qui était pris en compte pour déterminer l’offre raisonnable d’emploi » Le demandeur d’emploi sera poussé à accepter la première offre venue , même avec une rémunération très inférieure à celle de son dernier travail sous peine de perdre ses droits au chômage.
Ainsi, comme dans le cas des mini-jobs en Allemagne, on va se retrouver avec un grand volant de travailleurs précaires contraints d’accepter des boulots dégradés. Bref, ce sera la prime aux emplois sous-évalués ou rien ! Résultat ? La chasse est ouverte et les radiations vont s’enchaîner aggravant la précarisation des chômeurs.
Alors que 55 % des demandeurs d’emploi ne sont pas indemnisés dans notre pays, le gouvernement prévoit d’en jeter un plus grand nombre dans cette situation là. Avec sa logique, les victimes deviennent les coupables. Il prétend enrayer la fraude aux allocations mais ne vise en rien la fraude aux cotisations patronales beaucoup plus importante. Petit rappel : la fraude patronale aux cotisations sociales représente 20 à 25 milliards d’euros par an ! Il se retrouve là encore du côté des plus puissants contre les plus démunis.
Alors que la colère sociale s’exprime fortement dans le pays, que le bilan d’Emmanuel Macron à grands coups de CICE, présente un taux de chômage stagnant à 9.2 %, les chômeurs n’en peuvent plus de faire figure d’ennemis publics n°1. Des études récentes ont montré que le renforcement des contrôles ne servait à rien.
Pôle Emploi détourné de ses missions d’accompagnement des demandeurs d’emploi, avec 1300 postes supprimés en 2019 sera désormais aux manettes du contrôle. Ainsi, la brigade de conseillers dédiée aux contrôles des chômeurs continuera sa montée en puissance, passée de 200 personnes en 2015 à 1000 d’ici 2020.
Auparavant, l’opérateur public ne détenait que le pouvoir de suspendre l’indemnisation pour les absences aux convocations. Le contrôle de la recherche effective d’emploi et sa sanction étaient légalement du ressort de la direction régionale du Ministère du Travail. Avec le boom des effectifs des équipes dédiées à la recherche active d’emploi, Pôle Emploi concentrera entre ses mains tous les moyens pour fliquer et réprimer les chômeurs.
Casser le thermomètre plutôt qu’éradiquer la fièvre, tel est le choix du gouvernement. Une fois de plus, Macron fait ainsi le choix de l’injustice et de l’arbitraire.

Pierre TRA


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