Une lettre aux Français qui ferme le grand débat avant de l’ouvrir !

jeudi 17 janvier 2019
par  PCF Drôme

Le pouvoir macronien, affaibli, tente de reprendre la main, de lancer une contre-offensive priorisant la répression des « gilets jaunes » et l’opération attrape-nigauds. Reste donc, « ce grand débat » dont beaucoup de gilets jaunes, de syndicalistes, d’élus et partis de gauche pressentent qu’il sera une manœuvre de plus. C’en est une .
La lettre du chef de l’Etat aux Français, ne peut être reçue que comme une provocation. « il y a des sujets sur lesquels le Président a choisi de fermer la porte » a réagi Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Pas un mot sur les salaires, le pouvoir d’achat, mais l’affirmation qu’il ne rétablira pas l’ISF. Comble de l’affront, il invite les citoyens à choisir les services publics qu’il faudrait supprimer en échange d’une baisse d’impôts.
A croire que l’exécutif n’a toujours pas compris l’ampleur de la révolte, une fronde des plus modestes contre les riches, des gens contraints à toute une vie d’efforts contre ceux qui pillent le produit de leur travail.
Pas question pour le gouvernement, à l’issue de la « grande consultation » piège, de modifier le cap. Alors « cause toujours, tu m’intéresses... ».
C’est se moquer des gens et les prendre pour des pigeons. Les damnés de la terre ont posé la question essentielle : la question sociale.
Elle restera centrale tant que l’on n’y répondra pas en termes de justice sociale, de réformes structurelles. Tout le reste n’est que du « blablatage » pour gagner du temps à l’approche des élections européennes.

Comme l’a souligné Ian Brossat, tête de liste communiste aux élections européennes et qui s’est adressé à toutes les formations politiques antilibérales pour une « union la plus large possible à gauche », l’enjeu d’une transformation du pays et de l’Union européenne est également au cœur de la contestation.

C’est plus que jamais le moment de faire beaucoup de politique avec celles et ceux qui agissent. Il ne suffit pas en effet d’énumérer des demandes et de constater que des revendications exprimées sur le terrain se rejoignent.
Dit autrement, il faudrait discuter du rapport des forces politiques qui permettrait de progresser vers un changement de système et d’empêcher le pire qui serait, que durant des mois l’on défile dans la rue, et qu’un dimanche de mai, l’extrême droite et Macron raflent la mise.

Au point où nous en sommes, ce sujet doit être désormais débattu au grand jour. Le grand capital est uni et prêt à toutes les combinaisons politiques y compris les pires.

Pierre TRAPIER