L’urgence climatique à la Fête de l’Humanité

samedi 3 août 2019
par  PCF Drôme

L’urgence climatique à la Fête de l’Humanité

L’éditorial de Patrick Le Hyaric.

La Fête de l’Humanité souhaite pouvoir se hisser à la hauteur des enjeux. Elle va offrir ses espaces et ses débats aux mouvements de défense du climat et de l’environnement en toute liberté et responsabilité.

Ce n’est pas une péripétie. Champs grillés par le soleil, lacs au bord de l’assèchement, rivières au lit devenu trop large, incapables de refroidir les centrales nucléaires, nuit de sauna, bovins entamant les réserves de l’hiver, recherche partout de climatiseurs, risques d’incendie aggravés. Non, ce n’est pas un mauvais moment à passer. L’humanité est placée au pied d’un immense défi : celui de sa survie. On aurait grand tort de continuer à détourner les yeux. La quasi-totalité de la surface de la terre vit sa période la plus chaude depuis… 2 000 ans. Ces trente dernières années nous avons subi deux fois plus de canicules en France que sur les trente années précédentes. Les sécheresses en moyenne sont dans notre pays de deux mois et, selon les experts, cette durée pourrait doubler d’ici à l’année 2050. La vitesse de l’augmentation des températures de la planète depuis la fin du siècle précédent est totalement inédite.
Et il est de plus en plus démontré qu’il ne s’agit pas de phénomènes naturels mais bien les résultats des activités humaines. On y peut donc quelque chose. Est en cause le type de développement qu’impose l’insertion des êtres humains dans un système qui en permanence surexploite la nature autant que la force de travail. Un système qui cache d’ailleurs ses propres incohérences.
En effet, les coûts des effets des modifications climatiques qui vont des grandes sécheresses aux effets destructeurs de typhons, tornades et ouragans, des incendies géants, des inondations, sur tous les continents, se chiffrent en centaines de milliards de dollars. À moins que, comme les destructions provoquées par les guerres, les effets destructeurs du réchauffement climatique ne permettent au capital de « se refaire momentanément la santé » au détriment de l’avenir de l’humanité.

L’alarme doit être déclenchée, comme le demandent les mouvements de jeunes pour le climat. Doit-on continuer d’accepter que des centaines de millions de personnes à travers le monde, celles qui, déjà les plus assaillies de difficultés, en paient le prix fort ?
Doit-on accepter de laisser reculer les glaciers, de s’éroder notre littoral avec la hausse du niveau de la mer, de subir des pluies torrentielles, de considérer comme fatales des pénuries alimentaires et des diminutions des niveaux nutritionnels à cause des sécheresses qui détruisent les sols ?
Évidemment, non ! Personne ne souhaite ce monde invivable. C’est pourtant celui vers lequel nous mène le capitalisme financier mondialisé.
Or, aucun accommodement n’est possible à terme. La recherche du profit, de la spéculation et des paradis fiscaux n’est pas compatible avec une transformation radicale des systèmes de production, d’échanges et de consommation. Il y a urgence ! Sortir sérieusement des énergies carbonées, électrifier les transports et relancer le transport ferroviaire du fret, déployer l’hydrogène pour certains moteurs, impulser des transports en commun confortables, abordables et fiables, changer les pratiques agricoles et alimentaires est rigoureusement impossible avec l’actuel projet de nouvelle réforme de la politique agricole commune et les traités de libre-échange. Il convient de repenser totalement l’aménagement du territoire, comme l’ont réclamé de multiples façons les gilets jaunes, en repensant notamment la construction des villes, les matériaux utilisés pour construire bâtiments, logements et routes afin d’aider à économiser de l’énergie et de favoriser une circulation de l’air efficace, avec la végétalisation des villes pour réduire les échauffements en surface.
D’énormes moyens sont nécessaires pour le faire. Des millions d’emplois à créer, de jeunes à former aussi. Raison de plus pour orienter l’argent aujourd’hui gâché dans la course aux armements vers l’urgence climatique. Raison de plus pour utiliser l’argent créé par la Banque centrale européenne et prêté à taux négatifs vers l’investissement pour la justice sociale et écologique, avec notamment l’effort considérable qu’il faut déployer pour de nouveaux services publics, propriété citoyenne.

À la veille de la réunion des chefs d’État et de gouvernement à l’ONU, la Fête de l’Humanité souhaite pouvoir se hisser à la hauteur de ces enjeux. Elle va offrir ses espaces et ses débats aux mouvements de défense du climat et de l’environnement en toute liberté et responsabilité. Ils auront la possibilité d’y déployer des initiatives, d’y faire connaître leurs analyses et propositions, de les confronter avec les opinions des participants. Ce sera le prélude à une semaine d’actions dont celle du 21 septembre pour un sursaut en faveur du climat et de la justice sociale. La Fête de l’Humanité prendra une dimension universelle. Il y a urgence. Vraiment !


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