Plan Buzyn et PLFSS 2020 : imposture sémantique et austérité

mardi 29 octobre 2019
par  PCF Drôme

Dans la logique du plan Buzyn nommé abusivement "Ma santé 2022", véritable imposture sémantique, le projet de loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2020 (PLFSS) reste sourd aux appels des soignants, des patients et des familles.
L’hôpital public est étouffé par les budgets à enveloppes contraintes dont l’évolution ne suit même pas l’inflation, la situation des services d’urgence en est seulement la partie la plus visible.

En maintenant l’ONDAM (enveloppe budgétaire santé) à +2,3 %, alors que pour répondre aux besoins + 5% seraient nécessaires, ce gouvernement fait injonction à notre système de santé d’économiser 4,2 milliards d’euros, dont 1,2 milliards en moins pour l’hôpital. Le projet de loi ne prévoit pas d’ouverture de lits, et rien sur les recrutements que réclament les soignants épuisés.
Bien plus, il décide de mettre fin au principe de compensation intégrale des exonérations de cotisations patronales, de plus en plus nombreuses, qu’il décide seul, et prend ainsi la décision d’aggraver dangereusement le comptes sociaux, alors que de partout montent des demandes de moyens indispensables.Le déficit servira à justifier d’autres reculs.

Toutes les études et ce que vivent nos concitoyens au quotidien montrent que notre système de santé ne remplit plus ses obligations et le gouvernement entérine une nouvelle dégradation du service au détriment des patients et particulièrement ceux qui ne peuvent plus se soigner ailleurs qu’à l’hôpital.
Alors que le renoncement aux soins concerne déjà 30% des habitants de notre pays et 50% des jeunes, nous allons vers une catastrophe sanitaire et le pouvoir regarde ailleurs.

Le congé du proche aidant est une des rares mesures positives de ce PLFSS mais l’enveloppe de 300 millions d’euros est une goutte d’eau, au regard des 6 milliards qui seraient nécessaires selon le rapport Libault sur l’autonomie que le gouvernement a lui-même commandé.
Face à une situation qui appelle des mesures d’urgence, les parlementaires communistes viennent de déposer une proposition de loi santé qui prévoit de dégager les ressources pour financer tout de suite les moyens en équipements et en personnel et de prendre des dispositions pour organiser l’égalité d’accès aux soins pour tous et sur tout le territoire.

C’est un fait désormais établi et connu, l’augmentation des richesses produites est captée par une partie très réduite de la population, les plus riches, le ruissellement fonctionne, oui, mais à l’envers...
Prélever la part nécessaire pour garantir les droits fondamentaux de chacun à la santé exige d’en finir avec cette politique du calcul égoïste qui saccage toujours plus la protection sociale et les services publics au détriment du plus grand nombre, c’est à dire nous, tous…

Nicole GRENIER-MERICO