Pour sauver l’Hôpital public, les internes aussi !

mercredi 20 novembre 2019
par  PCF Drôme

Deux jours avant la présentation du « plan d’action » par le gouvernement, le principal syndicat des internes de médecine a annoncé une grève illimitée à partir du 10 décembre.
Un mouvement qui vient consolider la mobilisation d’envergure des personnels soignants du 14 novembre dernier.

Le gouvernement a le feu aux fesses. Il prétend être « ouvert à toutes les solutions », voulant dire qu’il aurait sous-estimé la colère des personnels soignants. La possible reprise de la dette des hôpitaux est le signe d’un un premier affolement de l’exécutif qui marque le trait d’un gouvernement en « souffrance ».

Mais les premières intentions affichées ne s’inscrivent en rien dans le long terme car les hôpitaux publics sont confrontés à une hausse structurelle de leurs dépenses, liées à l’évolution démographique et au vieillissement, à l’innovation médicale mais surtout aux réformes successives qui les ont contraints à intégrer les dogmes de l’économie libérale dans leurs budgets.

Les annonces faites par le gouvernement ont percuté l’étude du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) au Sénat.
A cette heure, l’étude du PLFSS est bloquée. Cette situation n’est pas seulement due à un cafouillage mais à la démonstration que ce pouvoir a de plus en plus de mal à imposer sa politique au pays.

Un an après les « Gilets jaunes », les Français ne supportent plus des choix budgétaires qui consistent à réduire la dépense publique, à faire des cadeaux aux plus riches, à alléger le capital.
En matière de dépenses de santé, l’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) exige une hausse d’au moins 4,5 % au lieu des 2,2 % annoncés. Il faut donc rajouter 4 milliards d’euros pour répondre aux besoins de notre système de santé.
Par exemple, on pourrait déjà supprimer la taxe sur les salaires, taxe, il faut le reconnaître, assez peu connue… Selon les syndicats CGT et SUD, ainsi que pour le PCF, cette taxe qui grève le budget de l’hôpital public se chiffre à 4 milliards d’euros.
Ils estiment que cet impôt, s’il était supprimé permettrait de créer 100 000 emplois pour apporter un ballon d’oxygène dans les hôpitaux et les EHPAD.

Une piste que le gouvernement s’obstine à ne pas examiner.

Pierre TRAPIER