La décroissance, pour un Noël sans achat !
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C’était le titre de la conférence-débat animé par Bruno Clementin, de l’Institut d’Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance, membre fondateur de l’association Casseurs de Pub.
C’était selon lui, en fait une manière d’engager le débat, car il est tout aussi stupide de continuer à produire toujours plus, que de réduire les productions de richesses. Il est insoutenable par contre que 20% de la population utilise 80% des ressources planétaires, dont une partie est non-renouvelable. C’est une injustice fondamentale.
Au cours du débat, de nombreux gaspillages réels ont été dénoncés, du déplacement en 4X4 pour acheter une baguette de pain aux pommes venant du Chili ; ainsi que la casse des services publics du transport, notamment la SNCF, qui n’a cessé de réduire son réseau de voies ferrées.
Pour le conférencier, nous n’avons jamais accepté de payer le prix réel des produits alimentaires et donc de faire vivre des paysans locaux et des commerçants de proximité. C’est en fait le (grand) commerce qui a pris le pouvoir.
Comme plusieurs intervenants de la salle, j’ai ressenti beaucoup de pessimisme. Si la description de notre société de consommation est correcte, il y manque une véritable stratégie pour s’en extirper.
Je pense qu’en renvoyant essentiellement à des actions individuelles, de consommateurs, c’est en fait un manque de volonté d’aller jusqu’au bout de la démarche intellectuelle.
L’absence de désignation des responsabilités réelles empêchent d’y voir clair et de s’attaquer aux causes de tous ces gâchis. Cela entraîne une auto-culpabilisation excessive.
Le manque de clarté entre le système capitaliste, sa prégnance sur les comportements individuels, sa domination sur nos sociétés brouille le discours.
Des outils collectifs de lutte contre le "tout marchandise" existent pourtant ; des syndicats, des associations, des partis politiques luttent collectivement contre cette "mondialisation mortifère".
Changer la vie, c’est possible. Il me semble indispensable pour cela d’allier à la fois les actions et luttes collectives qui remettent l’être humain et la citoyenneté au centre des enjeux économiques, et également nos comportements individuels, quotidiens, qui ne sont pas neutres et orientent aussi d’une autre manière nos systèmes sociaux. Les uns et les autres s’influencent mutuellement et sont aussi nécessaires.
